Commentaires lecteurs

Il faut se méfier des nuits d'été

Bonjour Cécile,

Ta nouvelle est percutante, elle remue. Cet exercice autobiographique nous offre beaucoup de voies possibles. Tu as choisi une mise à nue sur un (double) drame et je trouve cela très courageux. Voici donc une nouvelle dramatique qui tient le mélo à distance. La révélation de la mort survient en deux temps, à l'issue de paragraphes finement travaillés. On y est confronté au vide et on comprend la notion d'échec au travers d'un départ juste suggéré. J'aime beaucoup cette façon de suggérer, ces quelques mots clés glissés dans la description d'actions anodines (et pourtant essentielles à l'équilibre immédiat du personnage).

La fin est très bien amenée. Bravo. 

Gilles


Bonjour Cécile,

J'ai dû mal à trouver les mots, parce que ta nouvelle est bouleversante et terriblement bien écrite ! Le sujet est tragique : une fille apprend la mort de son père alors qu'elle est dans un autre pays. Tu décris si bien tous les bouleversements psychique que ça engendre chez ta narratrice, la sidération, la colère, l'envie d'en finir ! Tu brosses en une ligne les sentiments ambigus pour le frère, les regrets : "10 ans de plus, des trémolos dans la voix. J'ai toujours pensé qu'il aimait les hommes mais au final il était juste gentil. Dégoulinant de gentillesse, comme un Paris Brest avec trop de crème mousseline. Qu'il ait dû endosser le rôle du mâle alpha dans ces circonstances me fait presque l'aimer." : Elle est cruelle comme on peut l'être sur le coup face au sentiment d'injustice de la perte d'un être cher. "Je pousse la porte vitrée d'une main nonchalante, ça y est j'ai envie de pleurer. Ça m'a pris comme une envie de pisser. C'est ce type qui m'a souri à la pompe numéro 3" : C'est percutant : j'adore ! Comme pour ta chute !

Au plaisir de te lire,

Catherine


Bonsoir Cécile,

Quelle force et quelle modernité dans ton écriture ! On est tout de suite embarqué par le rythme que tu donnes dès ton incipit particulièrement percutant. Grâce à tes phrases courtes et ton expressivité, tu nous fais très bien ressentir l'état psychologique de ta protagoniste. On souffre et on chute avec elle.

J'aime beaucoup ton utilisation de descriptions de choses anodines pour amener le tragique ou de compenser le tragique en amenant du prosaïque : "Je déplace les magnets sur le frigo. I Love Louisiana. Tête d'alligator et coucher de soleil sur les bayous. Mon père est mort." "J'ai avalé les comprimés un à un, en prenant mon temps. Avec un peu d'eau. Un rouge, un bleu, 3 blancs et tous les autres. C'est une belle journée d'été." Puis bien évidemment ta chute avec cette dernière phrase si bien trouvée : "Les déménageurs balaient la pièce du regard, contrariés, "ça va être juste pour passer le futon dans les escaliers".

Je rejoins ici Gilles et Catherine et applaudis des deux mains pour ce premier récit si bien écrit.

Bienvenue à L'esprit Livre et au plaisir de lire tes prochaines nouvelles.

Géraldine 

Bonjour,

Votre nouvelle est bouleversante, votre écriture forte, élégante est dépouillée, à l'aune de ce passage, que j'apprécie tout particulièrement : "Les larmes ont cessé, allongée sur le parquet près de la baie vitrée, je regarde vers le ciel. J'observe la course des nuages et j'imagine ton visage. Un cheval au galop, un dragon lanceur de flammes, cirrus vaporeux qui s'étirent sans contrainte, certains bougent et d'autres pas. Mais de toi nulle trace. J'ai avalé les comprimés un à un, en prenant mon temps. Avec un peu d'eau. Un rouge, un bleu, 3 blancs et tous les autres. C'est une belle journée d'été. Je sens mon corps s'affaiblir, la nuque se détendre, mes doigts engourdis caressent les ombres du soleil sur le plancher. Mes paupières doucement se ferment. "

Bien à vous.

Jean

Bonjour Cécile,

ton texte est très beau. Il est emplie d'émotion et de tournures poignantes. Les descriptions nous transpercent. On ressent la tristesse du personnage, son désarroi et l'agacement que dans ces moment-là, notre monde devient insensible à notre état d'âme. Le détresse est invisible, autour rien ne prend en compte la douleur. La vie continue normalement alors qu'on a envie d'exploser. Tu as su trouver les mots justes pour ressentir le bouleversement : "Moi, j'aimerais juste m'éteindre" et "Un sourire comme une agression. J'ai envie de lui péter les dents."

Bonne continuation

Nathalie





Bonjour Cécile,

Bienvenue à L'Esprit Livre et bravo pour ce premier texte! Il est très bien écrit et poignant. Les sentiments de votre protagoniste, son état psychologique sont vraiment bien transcrits. Je pense par exemple aux larmes qui surgissent de façon impromptue ou encore ces moments d'agressivité, comme: "Un sourire comme une agression. J'ai envie de lui péter les dents." Et encore: "je demande un paquet de Lucky Strike et un briquet. S'il vous plait. La couleur ? Il me demande quelle couleur ? Mais la question à poser là maintenant c'est pourquoi ? Pourquoi ça m'arrive à moi ?"

J'aime aussi la façon dont votre protagoniste se raccroche à ses activités quotidiennes et à la façon que vous avez de les décrire.

Il y aurait encore tant à dire.

Merci pour ce magnifique moment de lecture.

Bonne suite.

Sylvie





Bonjour Cécile,

J'ai été scotchée ! Voilà un texte prenant avec des expressions crues, natures, jetées sur le papier pour laisser des traces de la douleur éprouvée. Le premier paragraphe vaudrait à être remanié. L'incipit n'est pas accrocheur. Pourquoi ne pas commencer par : "Depuis mon matelas... "

De même pour le titre, eu égard à la peine de l'héroïne, il n'est pas assez cinglant, ni évocateur.

Attention aussi aux chiffres, à écrire en toutes lettres.

Ceci dit, j'aime votre style d'écriture sans fioritures. C'est détonnant ! La description de l'état de Lise prend le lecteur aux tripes. Le réel de la situation saute à la figure. La chute fait donc partie de ce style direct, impromptu. Mais elle vient comme un cheveu sur la soupe. Lise pourrait se permettre un juron qui annoncerait le déménagement, sans couper la lecture...

Bravo ! et à bientôt sur une autre consigne.

Françoise.




Bonjour Cécile,

Voilà un texte qui ne laisse pas indifférent. 

Il faut dire que le prétexte n'est pas anodin : la mort d'un père !

L'écriture vive, dynamique, sans filtre et très réaliste ("Un sourire comme une agression. J'ai envie de lui péter les dents") met bien en relief la réaction de la protagoniste en plein choc émotionnel. C'est très efficace.

J'ai apprécié aussi la description crue des morts envisagées (passage par le vide ordure, anorexie) avec leur cortège de visions très concrètes des conséquences physiques. Cela rend la protagoniste très réelle et accessible ; elle est comme nous tous.Je m'attendais à un suicide réussi à la fin, avec la découverte du corps de l'héroïne par des gens extérieurs et c'est un déménagement qui a commencé. Je devais être dans la lune, emporté par l'intensité dramatique.





Bonjour Cécile,

Bienvenue pour cette première année de formation à l'Esprit du Livre ! Ce texte à consonnance forte fait resurgit tout un kaléidoscope d'émotions. La protagoniste entraine le lecteur dans les tourments de son état d'âme en passant par la douleur, puis les affres du désespoir jusqu'à la révolte. Révolte qu'elle va exprimer lors de son passage à la station service. Certaines de ses émotions touchent un point sensible, la perte d'un être cher qui survient brutalement.

Ce premier texte livre la promesse d'une belle écriture et ce sera avec plaisir que je lirais tes prochaines nouvelles.

Merci pour ce magnifique moment de lecture et à bientôt.

Marie Christine




Bonjour Cécile,

Comme mes camarades, j'ai pu ressentir la détresse de votre personnage par ses actes automatiques et son décalage par rapport au monde. On la sent perdue et abattue ne sachant comment se trainer jusqu'à la prochaine étape. J'ai aimé cette rage contenue envers "les autres" car personnes ne peut comprendre les sentiments de quelqu'un lors de ce genre de drâme. Ils sont si personnels. Cette description vivante et agressive de son malheur (puisqu'elle souhaite se défouler sur d'autres) m'a beaucoup touché.

Bonne Continuation

Maël 



Bonjour Cécile

Cette nouvelle est très touchante et très triste. J'ai bien aimé le passage où la jeune fille nous fait part de sa colère lorsque la vendeuse lui demande la couleur souhaitée pour le briquet ainsi que le passage où elle se lance dans le récurage de sa poubelle. Ce sont des détails qui m'ont touchée.

Vous avez choisi pour ce récit autobiographique un passage difficile et marquant de votre vie. La nouvelle est très bien écrite et nous partageons ce moment de détresse avec vous.

Merci pour ce moment de lecture

Bonne suite

Magali



Bonjour Cécile,

Votre nouvelle m'a beaucoup touché. La vie quotidienne reste fidèle à elle même, et pourtant, à l'intérieur, là où résident les émotions, tout est chamboulé. Raconter les petites choses qui font la vie, comme l'état de la chambre ou les tâches ménagères, ancre le récit dans le réel ce qui contraste avec la douleur du drame qui est inimaginable pour le lecteur. Le style d'écriture sec et sans détour contribue à nous plonger dans le récit, dans cette chambre en Louisiane.

Merci pour ce texte très sincère et émouvant,

Bel été,

Grégory



Bonjour Céline,

Très belle nouvelle des choses de la vie. C'est très bien écrit et à travers vos mots nous ressentons la tristesse et cette douleur de ne pouvoir rien faire juste accepter le destin. Les annonces des mauvaises nouvelles au téléphone sont abominables. On se retrouve seul avec les mots à se demandé si l'on rêve ou c'est la réalité. La description de la souffrance intérieurs est sublime. Tout autour les banalités du quotidien deviennent absurdes et mal placés.

Très belle nouvelle, bravo!



Bonjour Cécile,

Le texte est vraiment très touchant et l'on ressent bien toutes les émotions et la douleur qui contrastent avec la vie qui continue.

En tant qu'expatriée, je trouve que la solitude du futon au milieu du salon est une image parfaite pour décrire le sentiment d'isolement au moment de l'annonce de cette nouvelle tragique, à 9000 km des proches qui peuvent comprendre. Pour moi, le futon est un vrai personnage. Il devrait être source de détente et d'apaisement, mais il finit par incarner une peine si grande qu'elle ne « passe pas dans les escaliers » toujours dans l'indifférence des gens autour. Un bon moment de lecture.

Au plaisir,

Géraldine



Bonjour Cécile,

Merci pour ce texte qui donne bien à voir combien un chagrin peut se dissimuler derrière ce sentiment d'agressivité envers le monde qui habite votre narratrice. Le personnage est bien vivant, suffisamment décrit dans son environnement , un appartement peu investi et dans ses actions un peu mécaniques ( cf vide-ordure). J'ai aussi apprécié comment ces actions entraînaient un discours intérieur plein de fantasmagories morbides bien en lien avec le contexte. Attention à la coquille de la première ligne du deuxième paragraphe : and pour ans.



Bonsoir Cécile

Merci pour ce texte sur la mort du père, la douleur étant augmenté par l'éloignement géographique certainement insoutenable. On ressent en contraste la chaleur de la chambre en Louisiane et la froideur qui s'installe dans le cœur à l'annonce improbable par téléphone. LA fille se raccroche à des tâches matérielles pour ne pas sombrer et avoir un semblant de vie normale. Les étapes psychologiques par lesquelles la narratrice passe sont très bien décrites et prennent aux tripes. J'ai même cru qu'elle allait faire l'ultime bêtise. Félicitations

Bonjour Cécile,

Bienvenue sur la plateforme de L'Esprit-Libre S. et bravo pur ton premier texte autobiographique ! Il fallait beaucoup de courage pour exprimer les émotions relatives une annonce aussi soudaine que laconique. Bien sûr, mon commentaire s'adresse à ton texte remanié. Cependant, je le trouve très touchant et tes émotions décrites sont à fleur de peau. J'ai beaucoup aimé cette jeune femme qui s'emploie à nettoyer pour ne pas dire "lustrer" le vide-ordure comme un robot. Que faire d'autre lorsqu'on est dans une telle détresse que s'accrocher à des tâches mécaniques ? Et surtout, comment considérer ce qui est extérieur à nous comme "étranger" après l'annonce si soudaine d'une telle perte ? Je salue ta franchise et ta capacité à approcher d'aussi près ce que tu avais ressenti. Seul bémol : le titre me semble très (trop) éloigné du sujet et à mon sens, il n'attire pas tes lecteurs potentiels.

Au plaisir d'en lire plus par la suite...,

Marie-Louise

Bonjour Céline. 

C'est très douloureux de perdre un être cher, c'est irrémédiable. Vous décrivez tellement bien ce que bien des personnes ont vécues malheureusement. Votre texte est poignant, déchirant et on souffre avec vous. Au fil de la lecture nos tripes se tordent, notre estomac se noue; nous souffrons nous aussi, avec vous.

Vous débutez et pour moi votre texte est prometteur, nous allons lire tout au long de votre parcours, de beaux textes. j'en suis persuadée.

À très bientôt Céline.

© 2023 Antoine Hareng. Tous droits réservés.
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